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Y a pas à tortiller du cul

Cette expression très imagée représente assez bien ce qu’elle veut dire. Imaginez quelqu’un qui, se posant une question existentielle du genre « je prends de la glace à la vanille ou au chocolat? », se tortille le popotin (version polie du mot « cul »). C’est évident, cette personne est aux prises avec un choix cornélien et de ce fait, hésite… On peut aussi imaginer quelqu’un qui tourne trop autour du pot, qui ne va pas droit au but…

« Tortiller du cul » pourrait se traduire par « douter », mais attention, cette expression est toujours utilisée de manière négative:

Y a pas à tortiller du cul!

Arrête de tortiller du cul!

Ou tout simplement, par extension:

Y a pas à tortiller!

On ne dirait jamais « Oh, je ne sais pas, cela me fait un peu tortiller du cul », sauf avec un sens très profond d’auto-dérision… mais n’oublions pas que cette expression est française, donc ça ne s’utilise pas, un point c’est tout! 😉

Cette expression toujours en utilisation le serait depuis au moins les années 50. Elle viendrait d’une maxime plus longue et plus imagée encore:

Y a pas à tortiller du cul pour chier droit dans une bouteille !

Ahhhh,  il faut le reconnaître: ces Français, toujours le mot juste!

Portrait d'Eugène François Vidocq (1775-1857)

Portrait d’Eugène François Vidocq (1775-1857)

Mais l’origine de cette utilisation du mot « tortiller » serait plus ancienne encore:

« […] c’est au XVIIe siècle qu’on trouve l’expression « tortiller sa pensée » pour désigner de façon imagée des cheminements de pensée compliqués. Par opposition, pour signifier qu’on allait droit au but, sans hésiter, on pouvait donc dire « il n’y a pas à tortiller sa pensée », assez vite raccourci en un « y’a pas à tortiller » attesté en 1756 et qu’on trouvera chez Vidocq, par exemple. »

(extrait du dictionnaire Reverso.net)

Garage à bites !

Garage à pneus

Voici deux expressions qui vont faire dresser les cheveux à quelques uns…

En compétition dans la catégorie «Vulgarité», la France et le Québec :

Attachez-vous bien, quand on dit en France:

«Garage à bites»

on dit au Québec:

«Plotte à tire»

Bien qu’équivalentes en vulgarité, ces 2 expressions (espérons-le désuettes!) utilisées pour dévaloriser les femmes ne comportent pas exactement le même sens.

Du côté français :

La signification de l’expression «garage à bites» est assez explicite dès lors qu’on connait le sens du mot «bite» (mot vulgaire pour pénis). Pour aider encore à la compréhension, on peut ajouter comme indice qu’il est supposé y avoir relativement de trafic dans le-dit garage… Notons aussi au passage le caractère bien utilitaire d’un garage.

Du côté québécois :

La «plotte à tire» peut être plus difficile d’appréhension. Tout d’abord, il faut savoir que «plotte» désigne le sexe féminin en langage vulgaire et que «tire» est le mot anglais pour « pneus ». Ensuite, il devient plus évident de remettre tout cela ensemble… La nuance à savoir ici est qu’alors qu’un «garage à bites» serait une femme (plus rarement un homme) qui couche avec beaucoup d’hommes ou qui ne serait bon ou bonne qu’à cela, une «plotte à tire» serait une femme qui choisirait ses partenaires en fonction de leur voiture…

Reste à nous étonner de voir à quel point l’imagerie automobile est utilisée par les hommes même pour décrire des femmes… Ouf, à chacun ses fantasmes! 😛

Le Cul bordé de nouilles

« Avoir le cul bordé de nouilles« 

est une expression française à la fois savoureuse et dégoutante ! Cela veut dire : avoir beaucoup de chance. Etonnant, non? Une autre expression française existe, qui a la même signification :

« Avoir du pot« 

Celle-ci peut s’expliquer par le fait qu’en ancien français, le pot désignaient également le derrière. Mais pourquoi, bordé de nouilles ?! En plus, cela a quelque chose de gluant, yeuk ! Si quelqu’un sait d’où ça vient… (voir des hypothèses intéressantes en commentaires) Très similaire, en voici une variante qui est commune à la France et au Québec :

« Avoir du cul« 

Cependant, sa variante française « Avoir du fion » est inconnue au Québec, puisque le mot « fion » pour signifier « cul » est propre à la France.

En France, on dit aussi :

« Avoir de la chatte« .

Est-il nécessaire de préciser que le mot « chatte » est aussi utilisé pour désigner le sexe féminin en France et c’est bien plutôt de cela qu’il s’agit ici et non d’un animal domestique…!

La pipe

La pipe est un mot propre à plusieurs expressions qui ne doivent pas être confondues entre Québécois et Français…

« Tirer la pipe » [à quelqu’un] est une expression québécoise qui veut dire taquiner quelqu’un. Un peu similaire, il y a « conter des pipes« , qui veut dire raconter des histoires, des mensonges, des bobards.

Mais il ne faut surtout pas confondre avec les expressions françaises « taille une pipe » ou « faire une pipe » [à quelqu’un] qui signifie : faire une fellation…!

Aussi, autre expression française  :

Moins léger cette fois, « casser sa pipe » qui signifie mourir. Un lecteur m’a dit que cela vient de l’époque où l’on opérait sans anesthésie et qu’on mettait une pipe dans la bouche du patient. Si la pipe (en terre cuite) tombait, cela signifiait qu’il avait cessé de la serrer entre ses dents et donc, qu’il était mort…

Parti juste sur une gosse

Pour commencer à comprendre l’expression québécoise « partir juste sur une gosse« , il faut d’abord se rappeler qu’au Québec « une gosse » n’est pas une fillette comme en France, mais bien un testicule. Cela étant dit, disons qu’on « part juste sur une gosse » quand on part « à brûle-pourpoint« , comme si on avait oublié une de ses « gosses » derrière soi tellement on est parti rapidement…

Variante

« Partir s’a slide » (sans contraction : « partir sur la slide« ) peut vouloir dire la même chose, ou alors littéralement qu’on dérape, « slide » étant un anglicisme signifiant « glisser ». En France, l’équivalent pourrait être « ripper »: par exemple « chus en retard sur mon planning, j’ai ripé« .

Par extension…

Ces expressions peuvent aussi par extension signifie faire la fête ou faire état d’un dérapage ou d’un caractère d’imprévu ou d’insouciance… En France, l’équivalent serait « se barrer en couille » ou « partir en couille« .

Bouge ton steak !

Les expressions québécoises «Bouge ton steak» et «Bouge-toi le beigne» sont des variantes des expressions françaises «Bouge tes fesses» et «Bouge-toi le cul».

Ça me botte !

J’ai tout de suite remarqué cette expression française, avec le usage figuré du mot botter qui ne semblait pas du tout avoir le même sens qu’au Québec…

En France comme au Québec, le mot botter a plusieurs sens figurés et l’expression la plus courante est certainement botter le cul ou les fesses de quelqu’un, ce qui veut dire l’urger à faire quelque chose.

Mais l’autre sens du mot botter qui existe au Québec est beaucoup plus vulgaire que celui utilisé dans l’expression française Ça me botte. Cela se dit plutôt botter quelqu’un et c’est toujours l’homme qui a la « chance » d’utiliser cette expression pour parler des rapports sexuels:

Heille Joe, j’ai botté Ginette !

L’homme peut même qualifier de « bonne botte » un acte sexuel ou une partenaire. Evidemment, cela s’entend comme une expression très vulgaire et plutôt irrespectueuse pour la femme. En France, les équivalents seraient « piner », « limer » (n’a l’air très agréable!), ou encore « tringler » (fait presque penser à un avortement sauvage!). Bien sûr, il y en a probablement encore d’autres.

Donc, voilà ce que j’avais en tête quand j’entendais en France, dans des contextes plus culturels :

Ça, ça me botte vraiment !

Euh…. (je trouvais ça un peu drôle d’entendre quelqu’un s’auto-attribuer une botte pour ainsi dire…) En France, cette expression veut tout simplement dire que quelque chose nous plait. Un peu de la même manière que les expressions ça me branche et je kiffe.

Voilà, c’est fait pour la botte. Cet objet polyforme…