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"Class", "glamour" !

Voici deux mots anglais très couramment utilisés un peu « à toutes les sauces » en France.
 

« Wow, c’est class ! » 

« Class » peut être utilisé pour signifier : beau, bien, voire digne. 

Ce mot peut aussi être utilisé dans le même sens pour parler de quelqu’un:

« Il est class. »

« Glamour » est encore un cran au-dessus de « class« .

« Oh la la, c’est très glamour ! »
« Il est très glamour. » 

« Glamour » est utilisé pour désigner : prestigieux, « grand », voire sexy.
Ces deux expressions anglaises sont tellement utilisées en France que l’on est en droit de se demander si ces conceptions anglo-saxonnes sont en passe de remplacer l’idéal mythique français de l’élégance… 

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Guidoune, pitoune, poupoune, nounoune, coucoune, toutoune, doudoune, chouchoune, minoune, moumoune,…!!!

J’ai trouvé sur le forum de AuFeminin.com un petit texte très rigolo sous forme de conversation, pour décrire ces différents mots québécois…

– « Qu’est-ce que ça veut dire guidoune ?
– Euf… c’est genre une fille mal vue, facile…
– Ben, c’est quoi la différence avec pitoune ?
– Euf… pitoune c’est plus comme une belle fille qui s’habille trop sexy…
– C’est pas une poupoune ca?
– Ouin… une poupoune, c’est moins méchant que pitoune… quoique ça dépend…
– Alors je peux dire « poupoune » à ma blonde ?
– Si cela constitue une taquinerie ou une farce… oui.
– Ah… Nounoune, c’est quoi ?
– Une niaiseuse, pas vite vite… une coucoune quoi!
– Une coucoune ?
– Ben oui, c’est la même chose.
– Une guidoune est-elle automatiquement nounoune?
– Non.
– Et pour toutoune ?
– Ca, c’est une fille plutôt dodue… comme dans « grosse toutoune ».
– Y a des synonymes ?
– Oui, doudoune, mais c’est plus gentil dire ça que toutoune.
– Je peux dire doudoune à ma blonde ?
– Non, sauf si tu veux qu’elle te fasse la baboune… t’es mieux de lui dire chouchoune…
– Chouchoune ?
– Ma chouchoune d’amour.
– Ok. Est-ce qu’une guidoune peut être une poupoune en même temps?
– Non. Mais que tu sois une guidoune, une pitoune, une poupoune, une doudoune, une toutoune, une coucoune ou une nounoune: c’est jamais vraiment positif! À cela tu ajoutes aussi minoune et moumoune…
– Ca devient compliqué…
– Une minoune, c’est une guidoune au chômage, un vieux char ou un chat.
– Une moumoune, c’est quelqu’un de peureux ou un homme avec des manières efféminées.
– Donc, si je comprends bien, une guidoune, finalement, c’est une ancienne pitoune devenue toutoune qui fait la baboune parce qu’elle se trouve nounoune d’avoir été moumoune ?
– Vitement de même, on peut dire ça, oui
– Merci chouchoune…
– Ya pas de quoi mon ti-coune !
– Ti-coune ????? »

Ti-coune est quelqu’un de pas très futé ou d’un peu étrange… C’est un terme difficile à décrire!

(Pris sur le forum AuFeminin.com)

Hommage aux Têtes à claques

Il faut rendre à César ce qui est à César, les Têtes à Claques (ces humoristes québécois diffusés au Québec et en France) contribuent énormément à diffuser le sens de l’humour québécois et avec lui, une part de son langage populaire.

Comme chaque sketche est une mine d’or d’expressions, en voici ici une retranscription libre avec une petite « traduction » des expressions, des termes et des prononciations employés, qui peuvent rendre certains bouts cryptiques, voire incompréhensibles, pour les auditeurs français…

Pour ce faire, j’ai choisi le sketche « La Pénalité » (particulièrement fleuri, bien sûr, car c’est un hockeyeur qui parle…), que vous pouvez visionner ci-dessous :

http://www.youtube.com/watch?v=xnLgQNmgq5ohttp://www.tetesaclaques.tv/video.php?vid=41#


(Voix haut-parleur: « Pénalité de 2 min. au numéro 32 des Blaireaux de Ste-Thérèse pour rudesse)

Rudesse, rudesse,… j’l’ai juste plaqué, criss1.
On joue-tu au hockey, ou au badmindton icitte2 ?
Bah, j’ai p’t’être rentré d’aplomb dans la bande3 là,
mais, à quoi tu crois qu’y sert notre équipement ?
à nous protéger contre la grippe ?
Ben woyons don’4 ! on est tout « paddés »5 pour ça !

Enwoye6 Bilodeau*, « kill » !!!

Hein, ça a pu de bon sang, ‘stie7,
avec le nouveau règlement,
y a pus moyen8 de se taper s’a yeule9 tranquille, là.
Pénalité, expédition,…
Heille, j’ai-tu d’l’air d’une ringuette10, moi ?
Non, bon ben laisse-moi varger11 dessus criss, ça me détend !
C’est pour ça qu’on fait du sport, pour se détendre…

Envoye Caron*, arrache-y la face !!!

Parce que moi, c’est mes frères qui m’ont appris à jouer.
Ok, la plupart sont en-dedans12 aujourd’hui là,
mais j’ai des maudits bons souvenirs !
On jouait sur la patinoire à côté de l’église,
pis on finissait toujours nos matchs à grands coups de poings s’a yeule, là.
Maudit13 que c’tait plaisant…
Même le curé s’en mêlait; y fessait14 fort le gros…
C’tait le bon vieux temps! Ouen…

Qu’essé tu15 fais, Réjean** ?
Rentre-z’y dedans, tabarnak16 !!!

Ah ‘stie, aujourd’hui les « ref »17 sont tellement sévères, là,
qu’on est obligé de se battre dans les parkings entre les périodes, là.
C’est pas très chic là t’sais18, ça fait un peu ti-coune19...
Tu viens20 que t’as pu le goût…
Ouah, moi je commence à être tanné21 de jouer au hockey,
ouah, ben tanné…

Heille, « check up »22 :
ta blonde23, c’est une plotte24!!! Hin hin hin…

(…)

Mais à toutes les fois que j’veux lâcher, là,
y a toujours un bon chum25 qui trouve le tour de me motiver…

Attend que j’te pogne26 Paquette*,
m’a27 t’encastrer dans un panier, mon ostie !!! »


(alarme de fin de partie)



* Nom de famille
** Prénom
1. Blasphème religieux « christ » couramment utilisé au Québec, prononcé sans le « t » de fin (voir l’article « Oh Christ!« ).
2. « Ici » est souvent prononcé « icitte » au Québec.
3. La « bande » est appelée « balustrade » en France.
4. L’expression populaire « woyons don !' » veut tout simplement dire « voyons ! ». Le « v » de « voyons » est souvent prononcés comme un « w » et le « c » final de « donc » n’est pas prononcé.
5. « Paddé » vient de l’anglais et désigne les équipements de protection contre les chocs, que portent les joueurs.
6. Comme pour « woyons », « envoie » (« envoyer » à l’impératif de la 2e personne) est souvent prononcé « enwoye » au Québec. Ce mot est souvent utillisé pour dire à quelqu’un de se presser (voir l’article « Vite, vite« ).
7. « Stie » est une contraction du blasphème religieux québécois « hostie » (voir l’article « Hostie… »), très couramment utilisé.
8. Expression québécoise très courante voulant dire « c’est pu possible ».
9. Le mot « gueule » est parfois prononcé « yeule » au Québec.
10. Par contraction, on veut parler ici d’une personne qui joue à la ringuette. La ringuette est un sport d’hiver apparenté au hockey, pratiqué majoritairement par des femmes.
11. « Varger » signifie frapper, donner des coups.
12. Comme en France, être « en-dedans » veut dire être en prison.
13. « Maudit » est un des plus vieux blasphèmes québécois toujours en usage.
14. « Fesser » veut dire frapper fort (sans lien avec les fesses).
15. Contraction de « qu’est-ce que tu fais »
16. Blasphème québécois très emphatique (voir l’article « Pour un beau, grand, « tabarnak » libre!« ).
17. Abréviation du mot anglais « referee », signifiant « arbitre ».
18. « t’sais » est une contraction de l’expression très courante « t’sais’veut dire », qui est elle-même une contraction de « tu sais ce que je veux dire ». En France, l’équivalent serait « tu sais », « tu vois », ou encore « tu vois ce que je veux dire ».
19. Un « ti-coune » est une personne pas futée du tout.
20. « Tu viens que t’as pus le goût » pourrait équivaloir à « Tu finis par pus avoir le goût » ou « Tu commence à pus avoir envie. »
21. « Etre tanné », expression très québécoise qui signifie : en avoir marre.
22. Anglais littéral pour attirer l’attention, qui signifie « regarde ça ».
23. Une « blonde » signifie au Québec une conjointe ou une petite amie, qu’elle soit blonde ou pas!
24. Une « plotte » est un mot vulgaire pour désigner le sexe féminin et par extension une femme que l’on résume à son sexe. L’équivalent français se retrouverait plutôt pour les hommes : « ce mec, c’est une vrai bite… ».
25. Un « chum » vient de l’anglais et veut dire « ami ». Selon le contexte, cela peut aussi être utilisé pour signifier « petit ami ».
26. « Pogner » signifie prendre, attraper.
27. « M’a » est une contraction pour « Je vais ».

Vite, vite !

Pour presser quelqu’un, au Québec on peut dire :

« Envoye, grouille ! »

Le verbe impératif « envoie » est un peu déformé et prononcé « envoye » (en prononçant le « y » en « ill »), ou même « enwoye ». Cette manière familière de prononcer ce mot est assez ancienne. En témoigne même cette chanson faisant partie du folklore québécois (les fameuses « chansons à répondre ») :

« Envoye, envoye, la p’tite, p’tite, p’tite

Envoye, envoye la p’tite jument… »

(voir sur ce site pour la suite de cette chanson)

De manière plus imagée, on pourra aussi utiliser l’expression : « Batince, accouche qu’on baptise ! » Cette expression témoigne du passé très catholique du Québec mais est aussi très crue et témoigne plus d’exaspération…!


En France, pour presser quelqu’un on dira plutôt :

« Vas-y, magne-toi ! »

Le verbe « se magner » peut aussi s’écrire, quoique plus rarement et d’un style plus recherché « se manier ». Il est l’équivalent du québécois « se grouiller ». « Vas-y » est une expression qui peut équivaloir au québécois « envoye ». Elle vient aussi des couches les plus populaires et est maintenant répandue en France dans le langage familier. Il est difficile de définir le sens de cette interjection. On peut même parfois entendre « Vas-y, attend ! » qui semble très aberrant si pris au premier degré ! Cette interjection n’a pas d’autre sens que d’interpeller quelqu’un avec véhémence ou exaspération. Dans cette phrase, le sens qui prévaut est donc « attends ».

La frite, la patate, la pêche ?

Les québécois se demanderont, quel est donc le sujet de cet article, alors que les français verront d’emblée le lien entre ces 3 éléments…

Alors, t’as la frite, la pêche, la patate ?

…nous dirait un français pour nous demander si on a la forme.

Peut-être qu’on peut voir une petite nuance entre toutes ces expressions. Je crois qu’avoir la patate est un tantinet plus fort que les deux autres mais je n’en suis pas très sûre…

Pour les origines de ces expressions, voici une hypothèse amenée par Radio-Canada, dans son émission « Le français au micro »:

« L’origine de cette expression [avoir la pêche] est obscure. On suppose qu’elle vient du fait que, dans la culture chinoise, la pêche (le fruit, pas l’activité sportive!) est associée à la fécondité et à l’immortalité. »

Pour ma part, ce que je peux dire c’est qu’il est intéressant de noter que ce sont des objets d’alimentation qui sont utilisés pour signifier la bonne forme par les français (est-ce que cela nous étonne vraiment?)

Azimuté

Voici une jolie expression française. Ce n’est pas une expression toute jeune et elle ne s’utilise pas tous les jours mais je la mentionne car je la trouve très belle :

Il est complètement azimuté !

Ca veut dire être perdu, largué… Je l’ai entendue dernièrement pour décrire Pierre Richard, donc vous voyez un peu le genre…!

Lourd et heavy

« Lourd » en France est un faux ami de « heavy » au québec…

En France, quand on dit « c’est lourd » (voire en verlan « c’est relou »), ça veut dire que quelque chose est chiant.

Alors qu’au Québec, quand on dit « c’est heavy« , ça veut soit dire que c’est très bien ou désagréable… selon le contexte. En tout cas, cela décrit quelque chose d’intense dans un sens ou dans l’autre.

Des exemples…

En France :

  • « Il est lourd ce mec. » = il est chiant.

Au Québec :

  • « C’était heavy quand la soeur d’untel elle a dit… » = c’était chiant, bizarre, génant, grave.
  • « C’était heavy cette expo… » = c’était intéressant, intense