Mort aux vaches !

Tatouage à trois points, représentant l'expression Mort aux vaches

Cette expression française relativement ancienne (fin du 19e siècle) a été créée par les Français pour signifier leur hostilité face aux Allemands. Le mot « Vache » est dérivé du mot allemand « Wache » signifiant sentinelle ou garde, qui était affiché par les Allemands pendant la guerre franco-allemande de 1870.

Par la suite, l’expression a été réutilisée par le milieu anarchiste de l’époque pour signifier toute opposition contre l’autorité.

Voici un exemple d’utilisation de cette expression à l’époque:

– Non, certes, je ne méconnais pas les services modestes et précieux que rendent journellement les gardiens de la paix à la vaillante population de Paris. Et je n’aurais pas consenti à vous présenter, Messieurs, la défense de Crainquebille, si j’avais vu en lui l’insulteur d’un ancien soldat. On accuse mon client d’avoir dit : “Mort aux vaches!“. Le sens de cette phrase n’est pas douteux. Si vous feuilletez le dictionnaire de la langue verte, vous y lirez : “Vachard, paresseux, fainéant; qui s’étend paresseusement comme une vache, au lieu de travailler”. – Vache, qui se vend à la police ; mouchard. “Mort aux vaches!” se dit dans un certain monde.

Anatole France, « Crainquebille » (1902).

Plus récemment, l’expression a été représentée dans le film « Zazie dans le métro » de Louis Malle (1960).

Pendant les dix dernières minutes, la joyeuse équipée de protagonistes procède à détruire entièrement un café-restaurant où elle est venue fêter des fiancailles, pour aucune raison apparente sinon que la choucroute ne plaît pas. Au milieu d’un maëlstrom le plus complet, une femme profère alors « Mort aux vaches ! », puis « …Mais, Dieu est mort ! », donnant alors un sens plus surréaliste tout en restant fidèle aux origines anarchistes de l’expression.

De nos jours, l’expression est toujours utilisée dans le milieu interlope pour signifier une hostilité contre l’autorité policière.

L’expression a également une représentation graphique, sous la forme du tatouage à 3 points (voir illustration ci-haut).

Sources: Wiktionnaire et le site Encyclopédie

Publicités

Pleurs et pierres

Grosse pierre bergerie par RoiDagobert

© Roi_Dagobert

En France, la tristesse et les pierres sont liées à travers plusieurs expressions.

à faire pleurer les pierres
Malheureux comme les pierres
Soupirer, pleurer, hurler ou encore geler à pierre fendre

A faire pleurer les pierres, faisant référence au caractère immuable de la pierre, est une hyperbole pour exprimer le caractère émouvant ou triste de quelque chose.

Malheureux comme les pierres, daterait du 18e siècle (selon le site L’Internaute) et exprime l’extrême tristesse des pierres (supposée par anthropomorphisme).

Soupirer, pleurerhurler ou encore geler à pierre fendre sont des expressions plus littéraires, dont on retrouve des exemples et des variantes dès la fin du 19e siècle, chez des auteurs comme Théophile Gautier, Emile Zola, Victor Hugo et Guy de Maupassant.

En voici des exemples:

  • « Il faisait un froid à fendre les dolmens » (Maupassant, Guy de, Contes et nouv., Bapt., 1885, p. 575).
  • « Cette année-là, décembre et janvier furent particulièrement durs. Il gelait à pierre fendre » (Zola, Emile, Assommoir, 1877, p. 543).
  • « Nous pleurons et nous saignons. Roi, cela fendrait des pierres » (Hugo, Victor, Légende, t. 3, 1877, p. 258).
  • « Soupirer, pousser des soupirs à fendre les pierres. Dame Léonarde (…) parut (…) poussant des soupirs à fendre le roc » (Gautier, Théophile, Fracasse,1863, p. 122).

En tenir une couche!

Cette expression française est une insulte familière et ironique visant à traiter quelqu’un d’imbécile ou de borné.

L’expression en tenir une couche, une bonne couche, ou même une couche épaisse, suggère que la personne désignée est couverte, et par le fait  même alourdie, d’une immense « couche » de bétise.

Son usage remonterait à la fin du 19e siècle:

« Vous en avez une couche! Vous comprenez bien que si je n’étais pas sûre de mon fait, je ne m’avancerais pas à vous raconter un pareil boniment » (Lévy, Gosses Paris, 1898, p. 52).

L’expression voisine « en remettre une couche » est utilisée pour dire que l’on a insisté lourdement, voire inutilement, sur un sujet. L’idiotie de l’interlocuteur est souvent sous-entendue avec son usage: « On a dû en remettre une couche », « Je lui ai passé la deuxième couche ».

Selon le site Expressions-francaises.fr:

« En remettre une couche » vient d’une autre expression française du XIXème  siècle qui est « en avoir ou en tenir une couche« . La notion de couche ne précisant pas le matériel qui la constitue, l’important serait de traduire l’épaisseur de la charge qui affecte celui qui n’a pas le cerveau très délié.

C’est mieux qu’une claque sur la gueule!

un billet de mini
Cette expression québécoise récente (années 90 ?) est utilisée comme euphémisme. Elle est employée pour signifier quelque chose qui est pas mal, même plutôt bien, mais qui arrive de manière surprenante.

Voici par exemple:

– « Hé, l’autre jour, j’ai trouvé trouvé un billet de loterie et j’ai gagné 5$ ! »

– « Bah, coudonc c’est mieux qu’une claque s’a yeule ! »

Dans le parlé populaire québécois, le mot « gueule » est souvent prononcé « yeule » et « sur la »  peut être contracté en « s’a ».

Une variante existe aussi et m’a été soulevé par Alexandre Coutu, auteur du livre « Le québécois en 10 leçons« .

La voici :

C’est mieux qu’un coup d’pied au cul.

Merci Alexandre !

 

 

La peur… n’empêche pas la branlée!

Voici un proverbe français que je trouve superbe par sa lucidité. Pour bien le comprendre, il ne faut cependant pas confondre pas le sens du mot «branlée».

Si autrefois le mot «branlée» était synonyme de «branlette», il est aujourd’hui plutôt utilisé dans le sens d’une bonne gifle, une grosse baffe ou une bonne mornifle, mais aussi d’une grande défaite… On peut donc dire: «je lui ai filé une de ces branlées!» mais aussi «l‘équipe s’est prise une de ces branlées

Ainsi, le proverbe «La peur n’empêche pas la branlée» exprime que le fait d’avoir peur de quelque chose ne prévient pas que cette chose arrive. Que de sagesse populaire…

Une autre version, plus prosaïque et moins familière, existe aussi: «La peur n’empêche pas le danger».

Y a pas à tortiller du cul

Cette expression très imagée représente assez bien ce qu’elle veut dire. Imaginez quelqu’un qui, se posant une question existentielle du genre « je prends de la glace à la vanille ou au chocolat? », se tortille le popotin (version polie du mot « cul »). C’est évident, cette personne est aux prises avec un choix cornélien et de ce fait, hésite… On peut aussi imaginer quelqu’un qui tourne trop autour du pot, qui ne va pas droit au but…

« Tortiller du cul » pourrait se traduire par « douter », mais attention, cette expression est toujours utilisée de manière négative:

Y a pas à tortiller du cul!

Arrête de tortiller du cul!

Ou tout simplement, par extension:

Y a pas à tortiller!

On ne dirait jamais « Oh, je ne sais pas, cela me fait un peu tortiller du cul », sauf avec un sens très profond d’auto-dérision… mais n’oublions pas que cette expression est française, donc ça ne s’utilise pas, un point c’est tout! 😉

Cette expression toujours en utilisation le serait depuis au moins les années 50. Elle viendrait d’une maxime plus longue et plus imagée encore:

Y a pas à tortiller du cul pour chier droit dans une bouteille !

Ahhhh,  il faut le reconnaître: ces Français, toujours le mot juste!

Portrait d'Eugène François Vidocq (1775-1857)

Portrait d’Eugène François Vidocq (1775-1857)

Mais l’origine de cette utilisation du mot « tortiller » serait plus ancienne encore:

« […] c’est au XVIIe siècle qu’on trouve l’expression « tortiller sa pensée » pour désigner de façon imagée des cheminements de pensée compliqués. Par opposition, pour signifier qu’on allait droit au but, sans hésiter, on pouvait donc dire « il n’y a pas à tortiller sa pensée », assez vite raccourci en un « y’a pas à tortiller » attesté en 1756 et qu’on trouvera chez Vidocq, par exemple. »

(extrait du dictionnaire Reverso.net)

Changement d'hébergement et touti quanti

Bonjour!

 

J’ai été quelque peu absente du blog ces dernières semaines car j’ai totalement retravaillé sa plateforme. Si le blog n’a pas tellement changé en facade, son hébergement et sa plateforme d’édition sont désormais gérés de manière autonome par moi et sont plus modulables.

 

Vous remarquerez aussi que l’adresse a changé de quebechisme.wordpress.com à quebechisme.com.

 

N’hésitez pas à m’écrire pour me relever tout problème technique.

 

Cordialement,

 

 

Kastor-O-Rama