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Guidoune, pitoune, poupoune, nounoune, coucoune, toutoune, doudoune, chouchoune, minoune, moumoune,…!!!

J’ai trouvé sur le forum de AuFeminin.com un petit texte très rigolo sous forme de conversation, pour décrire ces différents mots québécois…

– « Qu’est-ce que ça veut dire guidoune ?
– Euf… c’est genre une fille mal vue, facile…
– Ben, c’est quoi la différence avec pitoune ?
– Euf… pitoune c’est plus comme une belle fille qui s’habille trop sexy…
– C’est pas une poupoune ca?
– Ouin… une poupoune, c’est moins méchant que pitoune… quoique ça dépend…
– Alors je peux dire « poupoune » à ma blonde ?
– Si cela constitue une taquinerie ou une farce… oui.
– Ah… Nounoune, c’est quoi ?
– Une niaiseuse, pas vite vite… une coucoune quoi!
– Une coucoune ?
– Ben oui, c’est la même chose.
– Une guidoune est-elle automatiquement nounoune?
– Non.
– Et pour toutoune ?
– Ca, c’est une fille plutôt dodue… comme dans « grosse toutoune ».
– Y a des synonymes ?
– Oui, doudoune, mais c’est plus gentil dire ça que toutoune.
– Je peux dire doudoune à ma blonde ?
– Non, sauf si tu veux qu’elle te fasse la baboune… t’es mieux de lui dire chouchoune…
– Chouchoune ?
– Ma chouchoune d’amour.
– Ok. Est-ce qu’une guidoune peut être une poupoune en même temps?
– Non. Mais que tu sois une guidoune, une pitoune, une poupoune, une doudoune, une toutoune, une coucoune ou une nounoune: c’est jamais vraiment positif! À cela tu ajoutes aussi minoune et moumoune…
– Ca devient compliqué…
– Une minoune, c’est une guidoune au chômage, un vieux char ou un chat.
– Une moumoune, c’est quelqu’un de peureux ou un homme avec des manières efféminées.
– Donc, si je comprends bien, une guidoune, finalement, c’est une ancienne pitoune devenue toutoune qui fait la baboune parce qu’elle se trouve nounoune d’avoir été moumoune ?
– Vitement de même, on peut dire ça, oui
– Merci chouchoune…
– Ya pas de quoi mon ti-coune !
– Ti-coune ????? »

Ti-coune est quelqu’un de pas très futé ou d’un peu étrange… C’est un terme difficile à décrire!

(Pris sur le forum AuFeminin.com)

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Hommage aux Têtes à claques

Il faut rendre à César ce qui est à César, les Têtes à Claques (ces humoristes québécois diffusés au Québec et en France) contribuent énormément à diffuser le sens de l’humour québécois et avec lui, une part de son langage populaire.

Comme chaque sketche est une mine d’or d’expressions, en voici ici une retranscription libre avec une petite « traduction » des expressions, des termes et des prononciations employés, qui peuvent rendre certains bouts cryptiques, voire incompréhensibles, pour les auditeurs français…

Pour ce faire, j’ai choisi le sketche « La Pénalité » (particulièrement fleuri, bien sûr, car c’est un hockeyeur qui parle…), que vous pouvez visionner ci-dessous :

http://www.youtube.com/watch?v=xnLgQNmgq5ohttp://www.tetesaclaques.tv/video.php?vid=41#


(Voix haut-parleur: « Pénalité de 2 min. au numéro 32 des Blaireaux de Ste-Thérèse pour rudesse)

Rudesse, rudesse,… j’l’ai juste plaqué, criss1.
On joue-tu au hockey, ou au badmindton icitte2 ?
Bah, j’ai p’t’être rentré d’aplomb dans la bande3 là,
mais, à quoi tu crois qu’y sert notre équipement ?
à nous protéger contre la grippe ?
Ben woyons don’4 ! on est tout « paddés »5 pour ça !

Enwoye6 Bilodeau*, « kill » !!!

Hein, ça a pu de bon sang, ‘stie7,
avec le nouveau règlement,
y a pus moyen8 de se taper s’a yeule9 tranquille, là.
Pénalité, expédition,…
Heille, j’ai-tu d’l’air d’une ringuette10, moi ?
Non, bon ben laisse-moi varger11 dessus criss, ça me détend !
C’est pour ça qu’on fait du sport, pour se détendre…

Envoye Caron*, arrache-y la face !!!

Parce que moi, c’est mes frères qui m’ont appris à jouer.
Ok, la plupart sont en-dedans12 aujourd’hui là,
mais j’ai des maudits bons souvenirs !
On jouait sur la patinoire à côté de l’église,
pis on finissait toujours nos matchs à grands coups de poings s’a yeule, là.
Maudit13 que c’tait plaisant…
Même le curé s’en mêlait; y fessait14 fort le gros…
C’tait le bon vieux temps! Ouen…

Qu’essé tu15 fais, Réjean** ?
Rentre-z’y dedans, tabarnak16 !!!

Ah ‘stie, aujourd’hui les « ref »17 sont tellement sévères, là,
qu’on est obligé de se battre dans les parkings entre les périodes, là.
C’est pas très chic là t’sais18, ça fait un peu ti-coune19...
Tu viens20 que t’as pu le goût…
Ouah, moi je commence à être tanné21 de jouer au hockey,
ouah, ben tanné…

Heille, « check up »22 :
ta blonde23, c’est une plotte24!!! Hin hin hin…

(…)

Mais à toutes les fois que j’veux lâcher, là,
y a toujours un bon chum25 qui trouve le tour de me motiver…

Attend que j’te pogne26 Paquette*,
m’a27 t’encastrer dans un panier, mon ostie !!! »


(alarme de fin de partie)



* Nom de famille
** Prénom
1. Blasphème religieux « christ » couramment utilisé au Québec, prononcé sans le « t » de fin (voir l’article « Oh Christ!« ).
2. « Ici » est souvent prononcé « icitte » au Québec.
3. La « bande » est appelée « balustrade » en France.
4. L’expression populaire « woyons don !' » veut tout simplement dire « voyons ! ». Le « v » de « voyons » est souvent prononcés comme un « w » et le « c » final de « donc » n’est pas prononcé.
5. « Paddé » vient de l’anglais et désigne les équipements de protection contre les chocs, que portent les joueurs.
6. Comme pour « woyons », « envoie » (« envoyer » à l’impératif de la 2e personne) est souvent prononcé « enwoye » au Québec. Ce mot est souvent utillisé pour dire à quelqu’un de se presser (voir l’article « Vite, vite« ).
7. « Stie » est une contraction du blasphème religieux québécois « hostie » (voir l’article « Hostie… »), très couramment utilisé.
8. Expression québécoise très courante voulant dire « c’est pu possible ».
9. Le mot « gueule » est parfois prononcé « yeule » au Québec.
10. Par contraction, on veut parler ici d’une personne qui joue à la ringuette. La ringuette est un sport d’hiver apparenté au hockey, pratiqué majoritairement par des femmes.
11. « Varger » signifie frapper, donner des coups.
12. Comme en France, être « en-dedans » veut dire être en prison.
13. « Maudit » est un des plus vieux blasphèmes québécois toujours en usage.
14. « Fesser » veut dire frapper fort (sans lien avec les fesses).
15. Contraction de « qu’est-ce que tu fais »
16. Blasphème québécois très emphatique (voir l’article « Pour un beau, grand, « tabarnak » libre!« ).
17. Abréviation du mot anglais « referee », signifiant « arbitre ».
18. « t’sais » est une contraction de l’expression très courante « t’sais’veut dire », qui est elle-même une contraction de « tu sais ce que je veux dire ». En France, l’équivalent serait « tu sais », « tu vois », ou encore « tu vois ce que je veux dire ».
19. Un « ti-coune » est une personne pas futée du tout.
20. « Tu viens que t’as pus le goût » pourrait équivaloir à « Tu finis par pus avoir le goût » ou « Tu commence à pus avoir envie. »
21. « Etre tanné », expression très québécoise qui signifie : en avoir marre.
22. Anglais littéral pour attirer l’attention, qui signifie « regarde ça ».
23. Une « blonde » signifie au Québec une conjointe ou une petite amie, qu’elle soit blonde ou pas!
24. Une « plotte » est un mot vulgaire pour désigner le sexe féminin et par extension une femme que l’on résume à son sexe. L’équivalent français se retrouverait plutôt pour les hommes : « ce mec, c’est une vrai bite… ».
25. Un « chum » vient de l’anglais et veut dire « ami ». Selon le contexte, cela peut aussi être utilisé pour signifier « petit ami ».
26. « Pogner » signifie prendre, attraper.
27. « M’a » est une contraction pour « Je vais ».

Linguistique québécoise pour les nuls

En parcourant le site du jeu-concours sur les expressions françaises « Par chez nous on dit… » organisé en mars 2007 par Radio-Canada, je suis tombée sur une analyse très intéressante du linguiste Guy Bertrand. Il résume les influences de la langue française au Canada assez simplement et de manière assez juste je trouve…

Selon lui, voici nos influences :

  1. le vieux français : eh oui! je sais que je vais faire plaisir aux Français en écrivant cela, car c’est souvent ce que l’on dit au Québécois en France… ça en devient même parfois énervant car on peut parfois y sentir un relent de paternalisme… mais bref, oui, il va sans dire, cela fait bien sûr partie de nos influences. Par exemple, il suffit de mentionner les mots « s’enfarger » ou « baraguiner » qui sont toujours en usage au Québec;
  2. la langage des cultivateurs : les cultivateurs québécois ont inventés et transmis plusieurs expressions savoureuses. Par exemple, on retrouve souvent des expressions impliquant des animaux. Celle transmise sur leur site est excellente, c’est « vends ta vache et arrive en ville » c’est une expression qui veut dire qu’une personne n’est pas assez moderne ou pas assez au courant;
  3. la langage des trapeurs et des bucherons : de même que les cultivateurs, ils nous ont transmis leurs expressions, avec par exemple « se tirer une buche » qui veut dire s’installer ou s’asseoir, ou encore l’expression « a’ full pine » qui veut dire très rapidement;
  4. la langage des marins : on dit toujours « embarquer » dans une voiture…
  5. la langage des rites catholiques : il y a plusieurs expressions et notamment les jurons empruntés à ce langage;
  6. la langue anglaise : et évidemment, comment oublier nos voisins (et concitoyens, pour combien de temps? 😉 qui nous ont aussi transmis plusieurs mots et expressions qui conviennent tellement bien à notre condition de nord-américain. Par exemple (parmi mille) : chus « top shape » qui veut dire être en pleine forme.

Donc voilà pour les influences et maintenant, bonne dégustation !!!

Bon pour pitou, bon pour minou ?

Voici un petit proverbe québécois rigolo :

Ce qui est bon pour pitou n’est pas bon pour minou.

Il est d’une logique simple et indémontable.

Je ne vais pas tenter d’analyser le sens d’un proverbe, qui est toujours polysémique.  Celui-là me semble assez simple (dites-moi si je me trompe…).

Le folklore

Une petite citation de Michel Tremblay :

On est toujours le folklore de quelqu’un d’autre.

Extrait de : « Des nouvelles d’Edouard »

Une bien belle citation qui mériterait de se transformer en proverbe. Elle amène chacun a être à la fois humble et fier par rapport à sa culture. Une belle ambivalence comme je les aime! A bon entendeur…

Joual

Ca aurait dû être le premier article de ce blog si j’avais fait les choses dans l’ordre…

Qu’est-ce que le joual ?

Ce mot représente par extension deux choses au Québec.

Il a d’abord désigné uniquement le cheval (comme l’expression canasson en France).

C’est par ce mot que le sociolecte (ou l’argot) québécois a été mis en lumière vers la première moitié du 20e siècle. Il a ensuite été appelé le joual.

C’est l’équivalent de l’argot français.

Ciboire et simonak

Le ciboire, objet représenté ci-dessous :

Un ciboire

est couramment utilisé comme sacre au Québec, même si on peut le considérer comme un sacre secondaire (comme « calvaire » par exemple).

Il a comme dérivé :

  • cibole
  • et même cibolak

Il peut être aussi combiné en :

  • caliboire comme combinaison de calisse et de ciboire
  • taboire comme combinaison de tabarnak et ciboire

Toutefois, il ne faut pas croire, comme je l’ai été tenté, qu’il ait aussi comme dérivé simonak. Que nenni!

Simonak a son sens propre et vient plus probablement de « simoniaque », qui se rapporte à la simonie. Qué? Voici un extrait de la définition de Wikipédia :

« La simonie est, pour les chrétiens, l’achat et la vente de biens spirituels, tout particulièrement d’une charge ecclésiastique. »

Ah bah! ouais, moi je vous dis on en apprend tous les jours ! (Merci au commentaire de E. Warren!)