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Se viander… Tout déwrenché

« Se viander » veut dire se faire mal ou se blesser physiquement :

« Je me suis viandé en bicyclette« 

J’adore cette expression française qui veut tout simplement dire tomber ou se faire mal, tout en utilisant un hyperbole très imagé : se blesser au point de se transformer en tas de chair morte, en viande… Une expression très « gore » pour un étranger !

Elle peut aussi être utilisée au figuré pour dire que l’on a échoué :

« Je me suis viandé à l’examen« 

A l’origine, je n’avais pas trouvé d’équivalent québécois pour cette expression française, mais à la demande générale et comme tout le monde y est allé de sa petite suggestion, voici un florilège d’équivalents au sens plus ou moins complets:

  • « se déwrencher« : cela vient de l’anglais « to wrench » qui veut dire tordre ou arracher quelque chose. Une « wrench » veut aussi dire une entorse en anglais. Ca recoupe donc le fait de se faire mal dans « se viander »;
  • « se décalisser la yeule » : qui équivaut plutôt à « se pêter la gueule », comme c’est dit en France et au Québec (au Québec « gueule » est souvent prononcé « yeule » pour plus d’emphase);
  • « pogner une plonge » : celle-ci équivaut bien au sens de tomber (le plus souvent en bicyclette) dans « se viander » (« pogner » veut dire prendre; « plonge », plonger);
  • « prendre une débarque« : équivaut aussi à tomber, mais peut aussi avoir un sens plus figuré c’est-à-dire de réaliser quelque chose qui nous étonne beaucoup et même nous déçoit…
  • « bêcher« : qui veut tout simplement dire tomber;
  • « se planter« : peut vouloir dire tomber, mais dans un sens plus figuré peut vouloir dire se tromper complètement (sans la déception de la débarque…).

Voilà pour le « petit » tour des équivalences potentielles… Merci à tous!

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Mal dans ses shorts

Etre mal dans ses shorts

Sous un air bien prosaïque, cette expression exprime une véritable réflexion métaphysique ! « Etre mal dans ses shorts » ne veut pas exprimer que l’on trouve un vêtement, ses shorts, inconfortable.

Tout d’abord, il faut dire que les shorts peuvent être pour les québécois soit une sorte de bermuda court (définition du mot anglais), soit des sous-vêtement.

Non, cela veut dire que l’on est pas bien dans sa vie.

En France, on dirait qu’on est

mal dans ses baskets

Le parking et le shopping

Au Québec comme en France, on utilise beaucoup d’anglicismes. Au Québec par paresse ou pour le côté pratique, en France le plus souvent pour le côté « in » ou « pro »… Cela devrait faire l’objet d’un article en soi. Mais pour l’instant, voici juste quelques exemples rigolos de l’usage de l’anglicisme de part et d’autre :

Au Québec, on utilise le mot « magasinage » (ou même sa version humoristique : « gamasinage ») là où, en France, on utilise l’anglicisme « shopping ». Aussi en France, on utilise l’anglicisme « parking » quand, au Québec, on utilise le mot « stationnement ».

Par contre, en France on se stationne dans un parking, alors qu’au Québec on se parque dans un stationnement. Allez comprendre! 😉

Bouge ton steak !

Les expressions québécoises «Bouge ton steak» et «Bouge-toi le beigne» sont des variantes des expressions françaises «Bouge tes fesses» et «Bouge-toi le cul».

Tchèque-moé la pitoune! Woah, canon!

Quand je suis tombée sur cette définition de l’excellent site «Petit lexique des mots et expressions du Québec», je n’ai pu résister de vous la relater ici. Pour les Québécois, ce sera instructif je crois; lequel d’entre nous se doutait que « pitoune » venant de « happy town »!!! Etonnant comme origine!

pitoune (n. f.)

déformation de l’anglais « happy town », ville d’arrivée des draveurs qui menaient le bois que l’on faisait flotter sur les rivières à partir des chantiers

C’est aujourd’hui :

  1. par extension, le bois qu’on fait flotter ;
  2. par extension encore, une fille ou une femme bien roulée : «as-tu vu la pitoune ?!» ;
  3. parfois péjoratif pour désigner une fille ou une femme peu naturelle, très maquillée, qui porte des vêtements trop moulants et sans goût ;
  4. un jeton de bingo ou autre.
L’équivalent français pour décrire une belle femme serait le mot « canon« , qui peut aussi être utilisé pour qualifier positivement n’importe quoi.
Woah, regarde le canon!
« Woah, c’est canon, ça!
Je n’ai pu trouver d’origine de cet usage du mot canon. On peut seulement faire un lien avec les obus!

Agace…

Une super expression québécoise que m’a rappelé une collègue française est

« agace-pissette » (et sa contraction : « agace »)

Cela requiert une petite explication pour les Français: « pissette » est un autre mot (d’enfant) pour « zizi » au Québec. Adjoint à « agace », cela désigne une fille qui aguiche les garçons sans donner de suite…

L’équivalent français serait « aguicheuse » ou « allumeuse » (un peu moins rigolo, non?)

Personnellement, j’y vois une différence de perception de cette désignation par les Québécois et les Français. Agace-pissette me semble plus péjoratif qu’aguicheuse. Les Québécois apprécieraient peut-être moins cette attitude que les Français…