Archive for février 2013

Sur le nerf, le gros nerf…

nerve cell

Être sur les nerfs et taper sur les nerfs sont des expressions communes au Québec et à la France. Il y a  cependant des variantes et d’autres expressions avec le mot « nerf » propres à chaque pays.

Au Québec, on dira de quelqu’un qu’il est sur le gros nerf, alors qu’en France on dira aussi qu’il a les nerfs, ou encore qu’il a les nerfs en boule, à fleur de peau, en pelote, à vif, ou tendus.

En parlant de quelqu’un d’énervant, on dira au Québec qu’il nous tape sur le gros nerf, qu’il nous fait prendre les nerfs, ou encore pogner* les nerfs. En France, on dira plutôt que quelqu’un nous porte ou nous donne sur les nerfs.

Au Québec, on peut interpeller quelqu’un en disant : Heille, les nerfs ! pour le sommer de se calmer. Plus vulgairement, on peut aussi ajouter un sacre: Les nerfs, estie !

Extrait de Fredak.com :
Calme-toi (calme tes nerfs). Pour accentuer : « les nerfs ‘sti ! » = « mais putain calme-toi !! ». Dans ce genre d’expression l’accent québécois est encore plus fort. Donc « nerf » se prononce « naère ».

Les Français utilisent aussi l’expression passer ses nerfs sur quelqu’un, qui signifie se défouler sur quelqu’un (qui n’est généralement pas la source du problème).

Il existe aussi deux expressions en France associant les nerfs à la guerre. L’expression le nerf de la guerre est citée par plusieurs auteurs connus sous la forme du proverbe L’argent est le nerf de la guerre. Cette expression est très ancienne et d’origine latine.

Extrait de L’Internaute.com :
Proverbe latin. Ce proverbe est cité par Cicéron et semble dériver de l’expression : « L’argent est le nerf des affaires. » Il semble avoir été rendu populaire en France par Rabelais dans Gargantua.

L’expression la guerre des nerfs désigne des méthodes utilisées pour saper les défenses d’un adversaire. Par exemple:

– Ils ne sont pas d’accord pour le divorce, alors en cour ça risque d’être la guerre des nerfs.

Pour finir, mentionnons l’expression paquet de nerfs, qui désigne une personne très nerveuse. Cette expression semble être utilisée plus couramment au Québec, bien qu’elle existe aussi en France.

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* Joual du mot « prendre ».

Extrait du « Dictionnaire québécois » :
Pogner : Verbe propre au langage populaire québécois. On l’utilise dans les cas suivants : [1] pour marquer l’acte d’attraper, de choper quelqu’un ou quelque chose ; [2] pour marquer l’acte de prendre quelqu’un sur le fait, de le pincer ; [3] pour indiquer que l’on comprend quelque chose, dans le sens de piger ; [4] pour signaler l’acte de s’émouvoir (ex ; ça me pogne aux tripes!).
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Avoir la bonne tête bien faite d’une bonne personne

Une personne décrite tel que ci-dessus se « trouverait à être greyée » ou « full-equip » au Québec ou encore « garnie » en France! Ici sont rassemblées trois expressions (deux françaises et une québécoise) qui ne sont, bien sûr, pas à utiliser ensemble. Deux « tournent autour » de la tête, mais toutes utilisent la notion de bien, ce qualificatif bien catégorique, pour émettre un jugement positif à l’égard de quelqu’un*.

Avoir une bonne tête

Les premières fois que j’ai entendu cette expression en France, je dois avouer que j’ai un peu mal réagi : « Une bonne tête, oook… C’est quoi une mauvaise tête, déjà ? » Même si cela semble (et est dans une certaine mesure) un jugement très arbitraire et catégorique sur une personne, cela est (heureusement!) toujours utilisé positivement. Avoir une bonne tête veut dire avoir un air sympathique et/ou honnête, un peu comme on dit au Québec être une bonne personne.

Être une bonne personne

Comme on dit en France avoir une bonne tête, au Québec être une bonne personne est souvent un jugement très arbitraire (bien que positif) et rarement appuyé par des faits lors de la conversation même où l’expression est utilisée. Une bonne personne, quelqu’un qui a une bonne tête, c’est un peu comme un sophisme, ça dit tout, ça ne peut pas vraiment être remis en question, car les bonnes personnes savent ce qu’est une bonne personne, c’est bien connu! (au risque de douter qu’elle soient elles-mêmes de bonnes personnes…?) Ceci dit l’expression être une bonne personne repose plus sur la notion de bonté et met moins l’accent sur l’apparence que sa cousine française. On peut dire qu’elle s’apparenterait plus à l’expression française « avoir bon fond ».

Avoir une tête bien faite

Je ne sais pas s’il s’agit de mon esprit nord-américain, ou quoi encore, mais j’ai toujours eu du mal personnellement avec cette expression. Pas du mal à la comprendre, mais à l’accepter, la percevant comme trop incorrect politiquement, à la limite de l’eugénisme. On parle ici plus d’intelligence, sa tête bien faite permettant à son porteur des raisonnements plus logiques et intelligents que la moyenne. Avoir une tête bien faite est un peu comme le compliment ultime en France. Avec ça, tout pour réussir…

Mais ceci n’implique que moi! Et vous, que pensez-vous de ces expressions françaises et québécoise?

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* Nous ne parlerons pas ici de l’expression française « être bonne » en parlant d’une femme, qui est une toute autre thématique et fera l’objet d’un autre article…