J’ai été interviewée sur le présent blog pour une émission « Blog à Part de la radio France Inter réalisée par Alexandre Boussageon et David Abiker.

Ecoutez la chronique ici :

Voici le texte de l’émission :

« Un blog pour apprendre à parler Québécois…

Vous voulez que je vous parle d’un blog québécois ?… C’est tiguidou.

« Tiguidou » n’est pas le nom de ce blog, non, c’est une expression québécoise qui signifie « c’est parfait, c’est d’accord ».

Alors, puisque c’est d’accord, je vais vous parler de « quebechisme.blog .com. », le blog sympa d’une québécoise de Paris. Mais s’il existe des québéchismes[sic!], comme il existe des gallicismes, peut-on pour autant parler d’une « langue québécoise » ?… Ecoutez… »

Là c’est ma partie :

Je dis en gros qu’on ne peut peut-être pas encore parler d’une langue québécoise parce qu’il n’y a pas assez de différence à l’écrit. J’ajoute qu’il y a cependant beaucoup de différence dans le parler au niveau de la formulation des phrases (par exemple, on met souvent deux « tu » dans une question, ce qui donne :  « tu veux-tu ? ») et beaucoup d’expressions québécoises qu’on peut nommer « québécisme ».

Malheureusement, peut-être à cause du nom de mon blog, l’animateur prononce « québéchisme ». Il est peut-être pas évident que le nom du blog se veut un jeu de mot entre Québec et schisme… Bref, on le pardonne de ne pas avoir cherché dans le dictionnaire !

Je parle pour finir de l’expression « se tirer une buche », qui veut dire « prend une chaise ». Je dis que même si je pensais l’on comprendrait cette expression, car le sens me semblait évident, j’ai pu constaté que ça ne l’est pas tant que ça.

Le chroniqueur poursuit…

« Pas évident du tout même. Mais il y a…disons plus gênant. C’est l’histoire de la jeune femme qui décide de tirer une pipe à son mari. J’ai dit « tirer ».

Je crois qu’il y a eu confusion avec l’expression « tirer la pipe »…

Parce que « tirer une pipe »[sic, encore! on tire la pipe à quelqu’un mais on ne lui tire pas une pipe!], dans la belle province, c’est taquiner. Remarquez, il y a mille et une manières pour une dame de taquiner un monsieur. Mais passons, on en a « plein son cas »…

Il aurait fallu prononcer « casss », contraction de casque, sinon ça donne un cas…

« …des histoires salaces, ras le pompon en somme. Et le blog qui nous occupe s’attache aussi à des expressions parfaitement innocentes.

Exemple : « attache ta tuque ! » qui signifie littéralement « attache ton bonnet » et que l’on traduira par… « ça va décoiffer ».

Maintenant, si ce blog vous fait mal au bloc, c’est à dire mal à la tête, vous pouvez essayer le site « parlerquebecois », destiné, lui, aux touristes. On y apprend qu’une liqueur est une boisson gazeuse et que, là-bas, la plupart des femmes portent des brassières, autrement dit des soutiens-gorge.

On s’y perd. Et voilà que l’office québécois de la langue française s’en mêle. En fait cela fait des années qu’il s’en mêle, particulièrement sur la toile où il défend, mieux que nos élites hexagonales, et avec plus de constance, la langue du père Hugo.

Qu’on se rassure, ce militantisme n’exclut pas l’humour. On le mesurera en cliquant sur la rubrique « jeux linguistiques ». Il y en a là de toutes sortes. Par exemple, dire rapidement des phrases particulièrement vicieuses comme celle-ci « il reste presque treize fraises fraîches ». Pas facile à caser dans la conversation de tous les jours.

Un autre jeu ? Mettre au féminin les noms suivants : agriculteur, maçon, clown, sergent…

Ne comptez pas sur nous pour avoir la réponse, on vous donne l’adresse du site, c’est déjà pas mal ! »

Assez bel éloge du québécois, malgré que cela a été fait par des Français, ne trouvez-vous pas? ;-> !

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